Il fallait bien qu'un jour le Quatuor Ludwig crée un spectacle autour de la vie et de l'œuvre de Beethoven. Tout est parti du Testament d’Heiligenstadt,  lettre manuscrite du 6 octobre 1802, que Ludwig van Beethoven destine à ses frères Kaspar et Johann et qu’il n’enverra jamais… Ce document, écrit à 32 ans et dans lequel il révèle le mal qui le ronge,  ne l'empêchera pas d'offrir au monde une musique devenue depuis universelle.

         A la lecture de ce message, on comprend mieux la torture que vit à chaque instant cet immense compositeur, clé de voûte de cet héritage fabuleux qui nous est révélé dans ses 16 quatuors à cordes. Beethoven se croit damné mais Beethoven est illuminé, Beethoven est visionnaire... Schubert dira de lui : « Il sait tout mais nous ne pouvons pas tout comprendre encore. »

         Lorsqu’il compose ses 6 premiers quatuors opus 18, entre 1798 et 1800, Beethoven n’a pas encore trente ans. Ces œuvres sont encore influencées par Haydn, le père du quatuor à cordes. Les 5 quatuors suivants, (les 3 quatuors op.59 dits Rasumowsky, l’op.74 dit les harpes de 1807 et l’op.95 dit serioso de 1810) montrent toute la maturité du génie de Vienne, contemporain de Victor Hugo et de Lamartine. Ce sont les quatuors les plus extériorisés de Beethoven.

         De 1824 à sa mort en 1827, le compositeur se consacrera exclusivement au quatuor pour nous livrer encore 5 chefs-d'oeuvre, d’une force expressive exceptionnelle. Des quatre instruments partent des voix intérieures d’une infinie richesse, allant du doute à la fougue, exprimant tour à tour la souffrance et l’espérance, alors même qu’il est totalement emmuré dans la surdité.

 

         C'est à Nicolas Vaude, comédien ardent s'il en est, que les Ludwig ont choisi de confier l'évocation de ce destin bouleversant que lettres et carnets intimes permettent d'approcher.

        Les plus belles pages des 16 quatuors à cordes écrits par Beethoven permettront de traverser toute sa vie, et montreront certaines facettes surprenantes. Nous découvrons un Beethoven intime et attachant, parfois bien éloigné  de l'image d'Epinal du génie universel et prométhéen.

 

un spectacle original créé par le Quatuor Ludwig,

avec le concours de la SPEDIDAM, de la DRAC Île de France et de la fondation La Poste.

 

 

spectacle tout public

durée  : 1h30 (sans entracte)

© 2015 Quatuor Ludwig

crédit photos : Etienne Charbonnier